Les robes à enfiler et les pommes à avaler

(publié le quinze mai 2012)

carte

C’était ma première fête des mamans, dimanche dernier. Je n’ai pas pleuré. Je suis tellement sensible que j’étais certaine de pleurer, juste parce que c’était ma première fête des mamans, mais je n’ai pas pleuré.

J’ai câliné toute la journée ma chérie, je l’ai habillée en petite robe blanche à fleurs grises, je l’ai trouvée si jolie, je l’ai embrassée sans lui dire que je la mangerais tout crue parce que j’ai peur qu’elle ne comprenne ce que ça veut dire et qu’elle ne croit que ce soit vrai, que je la mangerais bien tout crue.

Ma maman à moi est venue me voir, avec mon papa, il n’avait pas vu Mini Fée depuis deux semaines, avant son voyage en bicyclette en Virginie. Il y a quelques jours, il avait cogné à ma fenêtre, j’étais au salon et il avait cogné à la fenêtre du salon, il me voyait, et il voulait voir Mini Fée, mais elle dormait, et il était parti au théâtre sans avoir vu sa petite fille.

J’ai donné à ma maman un cadeau, rien d’extravagant parce qu’elle n’aime pas quand je dépense trop pour elle, et une carte, une carte dans laquelle je lui rappelais que maintenant nous étions rarement toutes les deux toutes seules, que lorsque nous nous voyions, il y a la famille, mes frères, mon papa, mon chéri, Élisa Chloé, ma petite fille à moi, ma petite chérie que je prends dans mes bras, que j’embrasse, que je change, elle sait, ma maman, elle sait ce que je fais, parce qu’elle a déjà tout fait ces trucs pour moi, quand j’étais sa petite Mélodie à elle.

J’ai souvent lu qu’avoir un enfant changeait notre propre perception de nos parents, et c’est effectivement vrai, je ne pouvais pas imaginer, avant, les réveils la nuit, les inquiétudes, les miettes de biscuits aux bananes à ramasser trois fois par jour, la température du bain à vérifier, les massages, les rires et le visage qui devient tout rouge de pleurs. Nous ne gardons pas de souvenirs de nos premiers mois, si peu de nos premières années, mais tout est si marquant, et fragile, et je remercie ma maman d’avoir fait attention à moi, comme je le fais maintenant avec ma petite fille à moi.

Je l’aime, ma maman, elle le sait, et j’ai hâte, égoïstement, que Mini Fée me dise qu’elle m’aime, elle me le dit, tous les jours, avec ses sourires si gros qu’elle pourrait avaler une pomme d’un coup, elle me laisse la serrer si fort contre moi, si fort, elle m’aime et je l’aime et je vous souhaite tous d’aimer comme ça.

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