Cour à ferrailles ou super parc d’attractions?

myriam-lafreniere-scrap-2

photo par Myriam Lafrenière

Vendredi en souliers trop grands et costume de policer, mon fils est allé explorer une cour à ferrailles. C’était une joyeuse idée de ma copine Myriam, qui devinait que nos fistons seraient trop heureux dans ce décor de film, un décor à bousiller à coups de branche de bouleau ou de hache rouillée.

myriam-lafreniere-scrap-3

myriam-lafreniere-scrap

myriam-lafreniere-scrap-4

myriam-lafreniere-scrap-5

Lieu magique pour une sortie originale: Auto Parts Colmor.

Photos: Myriam Lafrenière, fée espiègle qui aime la salade du Subway.

Publié dans art, vive les copines | Tagué , , | Laisser un commentaire

Que des câlins pour l’automne

aa

J’aimais l’été, je passerais mon temps en robe légère, à manger les framboises que nous trouvions dans la forêt, près du chalet familial. Je laisserais mes enfants grimper dans tous les tracteurs aux pneus dégonflés que nous croisons dans une carrière désertée.

Mais parfois il pleuvait, parfois ça explosait de partout, sur la route et dans le cœur de toute la famille. Je passerais mon temps dans les montagnes russes des petits à la Ronde, je préférerais avaler de la slush trop sucrée plutôt que d’avoir à trouver les mots pour tous ce qui était moins beau, cet été.

Parfois je les trouve, les mots, et je réussis à ne pas les crier, à ne pas m’emporter, à juste écouter, et à dire à ma belle-fille, tu sais, au lieu de te couper, la prochaine fois, la prochaine fois, dessine-toi des étoiles partout sur les mains et les bras.

Publié dans belle-maman power, Non classé | Tagué , , | Laisser un commentaire

On t’aime Mickaël Gouin: rire, délire et zéro ennui

MICKAËL GOUIN ON T'AIME

Quand une pièce de théâtre d’été commence avec quelques notes de la chanson Le petit pinson de Normand D’amour, je devine direct qu’On t’aime Mickaël Gouin  est un délicieux moment à passer avec mes belles-filles.

Le comédien Mickaël Gouin se retrouve prisonnier d’une maison de weirdos, suite à un accident de voiture. Des chorégraphies entrecoupent les scènes déjà super divertissantes de la pièce, jouée dans un décor enchanteur pour quiconque vit son été dans les ruelles de Montréal plutôt que près du Théâtre des Cascades.

Ma belle-fille de vingt-ans a fait semblant d’être blasée, mais elle riait souvent. Ma belle-fille de treize ans, c’était un bonheur de la voir sourire et rire, les yeux lumineux, alors que c’est si rare, de la voir comme ça, sans idées noires derrière ses cheveux plus beaux que ceux de Gisele Bundchen.

laughing girl par Polyvore

Selfie, culte de la célébrité, épidémie de rose, Cendrillon et gardiens de prison, On t’aime Mickaël Gouin est une comédie dite inquiétante, qui touche à des préoccupations sérieuses sans prendre les ados pour des petits cons qui ne pensent qu’à leurs boutons et sans les prendre non plus pour des assoiffés de morale à deux sous.

Il reste 5 représentations, choisissez Mickaël Gouin plutôt que la Ronde cette semaine!

Publié dans art, belle-maman power, célébrités | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

C’est son anniversaire et il fait du vélo

Je ne sais pas de quoi a peur mon papa, mais il n'a pas peur de ma monstresse.

Je ne sais pas de quoi a peur mon papa, mais il n’a pas peur de ma monstresse.

Je suis la seule fille de mon papa, la seule enfant à qui il a chanté des chansons sur la pilule du lendemain quand un copain passait l’après-midi avec moi, la seule qui a vu Gary Carter au stade olympique avec lui, la seule à qui il dit je suis fier de toi.

Mon papa a toujours été fier de moi, il m’a toujours dit qu’il m’aimait, toujours, même quand je ne parlais plus, même quand je me braquais contre le monde entier, même quand je m’embrouillais, je croyais n’importe quoi, je croyais qu’un papa pouvait cesser d’aimer, mais pas le mien, le mien n’a jamais cessé de m’aimer.

Je ne me souviens pas d’avoir été ni fille à maman, ni fille à papa. Si j’avais été une fille à papa, j’aurais été capitaine d’une équipe de soccer, je n’aurais jamais cessé de porter des jumpsuit et j’en saurais plus sur l’astronomie que l’anatomie.

Mais mon papa m’aime comme ça, avec mon chantage de devenir lesbienne à quinze ans juste pour être certaine qu’il ne peut pas être homophobe, et le stress de me voir à la télé manifester les seins nus.

Et moi je l’aime comme il est aussi. Avec ses chansons de Demis Roussos ou du Cirque du Soleil et les blagues qu’il ne sait jamais raconter. Elles sont meilleures comme ça, les blagues, je ne veux jamais qu’il arrête d’en conter juste parce qu’il est mauvais mais mauvais, à ne pas se souvenir de la fin, à mélanger trois blagues pour en concocter une seule sans queue ni tête, il dit qu’il a une blague à me raconter et je ris d’avance et je veux l’interrompre dès qu’il s’éternise, mais je ris, je ris et il a un peu honte, mais mon père est beau avec ses taches de rousseur sur les joues et le rouge de la gêne sur son visage.

Mon père a toujours aimé les personnages de fiction qui ressemblaient à Stéphanie Couillard de Watatatow. Les personnages aux cheveux lisses, aux idées lisses, avec de bons résultats scolaires et de grosses lunettes. Je pense qu’il aimait aussi Kelly dans Beverly Hills 2010, que nous écoutions ensemble quand j’avais douze ans, mais c’était une exception, elle n’avait pas de lunettes, elle, et il faisait semblant de préférer Andrea, qui avait tout ce qu’il fallait pour rester inoffensive, des lunettes, une permanente, l’air d’avoir seventeen going on forty, promise à une carrière fabuleuse de journaliste au lieu de courir les sacs à mains, les colliers, les amourettes et les surprise party.

Mon père est pudique. Si moi, tout le monde sait quand je vais bien ou quand je ne vais pas bien, mon père, lui, non, je ne peux pas le deviner. Il est pudique ou humble ou les deux. Il parle rarement de lui. C’est son anniversaire, aujourd’hui, et il n’est pas là, il fait du vélo, avec ma mère, deux semaines loin de nous, comme chaque année, en juillet.

Quand j’allais le voir à son travail, petite, il me donnait une boisson gazeuze aux fruits et rien ne semblait plus important que moi à ce moment-là. Ses enfants sont plus importants que lui, pour lui, pour lui qui irait nous chercher n’importe où, mes frères et moi, n’importe quand, sans nous faire attendre, il est devant le condo du mec que je viens de laisser, il ne voulait pas juste t’aimer,  il est à St-Henri à deux heures du matin quand je me promène perdue et trop légèrement habillée pour être à St-Henri à deux heures du matin.

Il ressemble à Woody Allen mais Woody Allen ne fait pas un excellent osso bucco et il n’amène pas sa fille aux funérailles d’une voisine. Mon père, lui, il m’amène au baseball, au hockey et aux funérailles de la voisine, parce que tout peut être un jeu et tout peut être grave et tout est plus important que soi, sauf de savoir qu’il est là et que si je ne suis pas une fille à papa, je suis toujours une petite fille quand il est là.

Publié dans célébrations | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Rigoler avec Les p’tites têtes

tete 4

tete 3

L’auteur Manuel Gasse écrit pour se souvenir, pour continuer à trouver merveilleux ses quatre garçons même quand ils auront quinze ans et remplaceront le rhum de sa bouteille de rhum par de l’eau chaude.

Le titre de son livre, un recueil de mots d’enfants à la forme plus originale que la formule habituelle, vient de son père qui le surnommait « p’tite tête » lorsqu’il disait des niaiseries.

tete 2

Parfois poétiques, comme lorsque son fils Éli-Yan s’interroge sur la façon de dessiner « demain », d’autres fois scatos, gourmands ou presque intellos, les conversations des p’tites têtes de Manuel Gasse sont toujours reconstruites avec beaucoup de tendresse.

tete un

Publié dans dépendance littéraire, papa chéri | Tagué , , | Laisser un commentaire

Comment être ami avec un chat

chat ruelle 2

chat ruelle

chat ruelle 3

1.Trouver un chat.

2. Argumenter avec sa maman. « Non, je dérange pas le chat. Non, il veut pas manger un oiseau. Il veut dire allô à moi. »

3.S’approcher du chat, sur la pointe des pieds, dans des sandales Pat Patrouille mises-à-l’envers-mais-ça-fait-pas-mal.

4.Se retourner vers sa maman avec un visage encore plus joyeux qu’à l’heure de la collation quand la collation est un cornet de glace à la noix de coco.

5.Être triste quand le chat s’en va.

6.Demander un bol d’eau pour le chat.

7.Demander à ce que maman place le bol d’eau en plein milieu de la ruelle.

8.Attendre le chat en comptant combien d’anniversaires il reste avant le sien. Dire que son anniversaire est bientôt. Avoir une maman qui dit : « Bientôt dans un an. »

9.Être fou de joie de voir le chat s’approcher et boire dans le bol d’eau.

10.Partir à quatre pattes avec le chat, loin de la maman qui miaule trop mal.

11. Confier au chat que son anniversaire n’est pas demain, mais bientôt.

Publié dans Mini Dragon | Tagué , | Laisser un commentaire

Mon super-héros timide

charlie fete 1

Mon fils a eu trois ans. Personne ne me dit aussi souvent je t’aime que lui. Et pourtant, il ne sait pas très bien parler, je suis la seule à le comprendre, et ma fille, sa sœur, est la seule qui le traduit, pour le reste du monde entier, le monde entier qui se retrouve dans les mêmes parcs que nous, les mêmes fruiteries, les mêmes autobus.

Il ne parle pas comme un bébé, et quand une amie lui a dit ça, tu parles toujours comme un bébé Charles, il n’a pas su répliquer. Il m’a regardée, avec ses grands yeux de super-héros timide, et il a attendu que je le défende.

charlie fete 2

Il ne parle pas comme un bébé, il parle comme Charles, que j’ai dit.

Il parle comme Charles, il brandit une épée comme Charles, il danse comme Charles, il hurle, il tire les cheveux, il demande un câlin, il me caresse la joue, pour me réveiller, il se blottit contre moi, et quand il se réveille, il attend ma main, sur lui, pour se rendormir.

charlie fete 3

Quand nous ne dormons pas, nous placotons, dans son langage secret, de ce qu’il trouve magnifique, il dit magnifique, et nous nous disons je t’aime. Il me demande aussi s’il est beau et je lui dis et ma fille lui dit, aussi, qu’il est le plus beau.

Ma fille lui promet aussi qu’elle ne jouera plus jamais avec lui, quand il refuse de lui prêter un serpentin ou un Playmobil, je ne jouerai plus jamais avec toi même quand je serai très grande, même quand tu seras très grand, même quand maman nous donnera de la crème glacée, plus jamais.

Et chaque jour, ils s’enfuient, tous les deux, main dans la main, ou elle en bicyclette, lui en sandales Pat Patrouille, au bout de la ruelle, ils ne me veulent plus tout le temps.

charlie fete 4

Photos: Myriam Lafrenière

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire